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Le "Super Sunday" africain

Dans cinq pays africains les citoyens sont appelés à voter ce 20 mars 2016.

Par ngagne fall
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Alors que les « Super Tuesdays » des primaires américaines en vue de la prochaine présidentielle aux USA se déroulent et commencent à donner une idée assez précise des deux potentiels candidats qui représenteront les camps conservateur et démocrate, le continent africain offre ce dimanche 20 mars 2016 son « Super Sunday » avec l’organisation de consultations électorales au Niger, au Congo, au Cap-Vert, au Zanzibar, au Bénin et au Sénégal.

Les citoyens sénégalais sont appelés aujourd’hui par le président Macky Sall à se prononcer sur un projet de réforme de la Constitution par référendum. Même si ce type de scrutin n’engage nullement le mandat du chef de l’Etat—du moins de par sa nature—, il n’en demeure pas moins l’objet d’intenses batailles politiques et médiatiques ayant entraîné des éruptions de violences dans certaines localités. Les partisans du « oui », dans le camp du pouvoir, et ceux opposés à ce changement constitutionnel—essentiellement les grosses pointures de l’opposition ayant une ambition présidentielle—seraient bien inspirés de ne pas entacher les velléités démocratiques symbolisées par ce « Super Sunday » par des manifestations de violence. 

Au Niger, le président sortant, Mouhamadou Issoufou, est assuré d’un second mandat dont l’histoire se rappellera certainement qu’il aura été ramassé contre un rival, Hama Amadou, en prison toute la durée du processus électoral et dans un contexte d’intenses contestations quant à la régularité de l’organisation du scrutin. 

Sur l’archipel du Zanzibar près de 500 000 électeurs sont à nouveau appelés à élire leur président et députés par la commission électorale du Zanzibar qui avait annulé un premier scrutin tenu en octobre en raison des fraudes. Les observateurs électoraux qui avaient à l’époque dénié l’existence d’une « fraude massive » justifiant un report des élections ont exprimé leurs craintes de voir les tensions électorales survivre quelle que soit l’issue du vote de ce dimanche. Le parti au pouvoir CCM (Chama Cha Mapinduzu) espère une victoire du président Ali Mohamed Shein, alors que les leaders du parti d’opposition CUF (Civic United Front) affirment que les élections d’octobre ont été annulées parce que la victoire de leur candidat Seif Sharif Hamad était certaine. Un ancien de cette formation, Nasser Ahmed Mazrui, pronostique ainsi « un fragile avenir démocratique pour le Zanzibar ». 

Au Congo, le président Denis Sassou-Nguesso, au pouvoir depuis 1979, entérine le retour en Afrique des présidents à vie en briguant un troisième mandat. En dépit du succès éclatant du #Sassoufit sur twitter et des plaintes de l’opposition sur les irrégularités, tout porte à croire que le bail de l’actuel locataire du Palais du peuple à Brazzaville sera renouvelé de cinq années dès ce dimanche 20 mars 2016.  

Alors que le rapport de l’ONG Tansparency International a placé le Cap-Vert en première position des pays d’Afrique de l’Ouest ayant enregistré des progrès dans la lutte contre la corruption, les Capverdiens sont invités à élire leurs députés ce 20 mars 2016. Dans le système semi-présidentiel du Cap-Vert, ces derniers devront désigner un Premier ministre avec l’approbation du président de la République, d’où l’importance de ce scrutin. La Commission de l’Union africaine a déployé une mission d’observation présidée par Mme Kayitesi Zainabo Sylvie, ancienne présidente du Comité africain des droits de l’homme et des peuples.

Dans un « Super Sunday » qui n’est pas vierge de protestations et de manifestations de violence sur le continent, le Bénin offre une lueur d’espoir. Au terme de ses deux mandats, le président Boni Yayi va céder son fauteuil à l’un des deux candidats du second tour : l’homme d’affaires Patrice Talon ou le Premier ministre Lionel Zinsou. Ce dernier après avoir voté ce matin s’est flatté de la campagne « digne, calme et paisible » qu’ils ont effectuée et qui devrait servir de « modèle pour l’Afrique ».