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Youssou Ndour brille à Brooklyn

Les 20 et 21 mai 2016, le roi du Mbalakh règne au Brooklyn Academy of Music. 

Par Ngagne Fall
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Youssou Ndour au BAM, le 20 mai 2016/SunuNews

Quelques minutes après l’ouverture des locaux, certains parmi les premiers arrivants se font volontier tirer le portrait par une photographe du Brooklyn Academy of Music (BAM) devant l’entrée du Peter Jay Sharp Building. À 19h40, l’assistance est encore clairsemée alors que le début du concert est prévu pour 20 heures. Aux alentours de 20h22, le retentissant « Ladies and gentlemen show time ! » de l’impayable Mbaye Dièye Faye a déclenché une frêle clameur dans la salle au maximum de sa capacité de 2090 occupants. « Youssou Ndour, le roi du Mbalakh », introduit par son inépuisable percussionniste, fait dans la foulée son entrée sur la scène du Howard Gilman Opera House pour la première de ses deux jours de représentation (20 et 21 mai 2016) au BAM. D’un même pas, les musiciens du Super Etoile de Dakar entonnent « Lima Wessu », orchestrant une salve soutenue d’applaudissements. Dans un deux-pièces chatoyant de basin violet, dont le haut est chamarré d’une broderie et parsemé de paillettes en cercles, l’enfant de la Médina a hypnotisé aisément son public.

À côté des Sénégalais fanatiques du Mbalakh de Youssou Ndour, ont dansé et chantonné Américains, Français et autres nationalités, reproduisant dans cette salle la légendaire diversité qui caractérise New York. Ben, Américain d’origine allemande, féru de salsa cubaine et grand admirateur de feu Pape Seck et du groupe Africando, est venu voir Youssou Ndour pour la première fois bien qu’ayant écouté plusieurs de ses albums. Au fil des chansons, l’ambiance électrique dans l’auditorium, la maestria dans l’exécution des pas de danse et la reprise en chœur des paroles sous l’invitation de Youssou Ndour a banni toute classification relative aux origines ethniques ou nationales entre les « concertgoers » de ce soir du 20 mai. Au cours  de la chanson « Maral », Assane Thiam a démontré sa maîtrise et l’efficience du « Tama ». Certaines envolées vocales de Youssou Ndour, dans « Birima » ou « Torodo », ont fini de prouver si besoin que la voix du roi du Mbalakh s’est bonifiée au fil du temps.

Alors que le BAM programme actuellement son annuel Festival de danse africaine, les membres des Ballets de la renaissance africaine Waato Sita ont prolongé l’extase dans la salle lors de l’hommage rendu par Youssou Ndour à Doudou Ndiaye Rose. Le public, réceptif, a été enflammé par les six percussionnistes et les danseuses sur la scène, avec en prime Mbaye Dièye Faye qui a fait montre de l’énergie et de la présence scénique du regretté tambour-major. La fièvre qui s’est emparée de cet amphithéâtre ne sera pas retombée jusqu’à la fin du concert. Les hôtesses ont essayé de rappeler à l’ordre les spectateurs afin que tout le monde reste assis—en vain : le public est debout et dansant. Et après plus de deux heures de perfomance sans interruption, il en redemandait encore. Yousssou Ndour et son groupe devront revenir sur scène jouer deux chansons supplémentaires pour venir à bout de ces inlassables.